Régine Detambel, libraire d’art à Montpellier

Cher François Bon, chers amis remuants,

Je souhaite vous signaler l’ouverture de "ma" librairie d’art, au 2 rue saint-Côme, à Montpellier.


En quelques mots, un jeune galeriste de Montpellier, Jean-Yves Franch-Font, et son associée, Marie Mislej, m’ont proposé d’ouvrir une librairie d’art dans les locaux de leur maison d’édition et diffusion d’estampes, au 2 r st-Côme à Montpellier. Nous sommes en train de recevoir les livres.

J’ai en charge le choix des titres et les animations de la librairie. Nous aurons surtout des essais sur l’art, des écrits d’artistes, des textes d’écrivains sur les artistes. Peu ou pas de monographies.

J’aurai à coeur d’inviter rapidement Bernard Noël, qui cherche quelque chose de sa propre trace dans la peinture. Puis Jean-Louis Schefer... Nous aurons tout Jacques Dupin, qui m’éblouit quand il écrit sur Giacometti ou Tapiès, nous aurons les ouvrages de Charles Juliet sur Soulages ou Bram Van Velde. De Becket sur Bram Van Velde. Ponge aussi et bien d’autres... De grands essais aussi, par exemple l’ensemble du catalogue des éditions Macula, presque tout Fata Morgana...

Les artistes de la galerie et ceux dont nous éditons les estampes, Christian Bonnefoi, Claudio Parmiggiani ou Gérard Titus Carmel, interviendront également pour parler de leurs textes.

A terme, dans un an, nous espérons avoir 2 à 3000 titres. Ce n’est pas énorme mais la librairie ne compte que 40 m2 et nous avons dû veiller à ce que les rayonnages ne mordent pas trop sur l’espace d’accrochage...

Il va de soi que la création de cette librairie est un moment dans mon travail d’écriture. Voilà déjà deux ou trois ans que les écrits de Matisse m’accompagnent, les entretiens avec Cézanne, les Carnets de Giacometti. Et puis le regard de Jacques Dupin, de Francis Ponge, de Charles Juliet, de Beckett sur la peinture. Pour les entendre au mieux, je transpose leurs propos dans mon travail d’écriture, je les métaphorise pour me les rendre digestibles et les utiliser, les brûler dans ma propre économie d’écriture. Alors seulement j’ai pu comprendre combien le travail d’écriture est peu conceptuel, mais bien totalement sensuel, plastique, visuel, dépendant de la géométrie, des angles, réglant parfois ses comptes avec le ressemblant ou l’historique. Et le travail à l’ordinateur n’y change rien. Il y aura toujours une surface plane...

Voilà ce que j’avais à vous faire partager, en attendant de vous retrouver peut-être un après-midi dans la librairie d’art du 2 rue saint-Côme, à Montpellier.

Régine Detambel

Visitez mon site www.detambel.com

Dernières publications :

. Mésanges (roman), Gallimard, 2003

. Emulsions (poésie), Champ Vallon, 2003

A paraître :

. Mille Morceaux (essai), Fata Morgana, octobre 2005

. Pandémonium (roman), Gallimard, janvier 2006

. Bernard Noël, poète épithélial (essai), Jean-Michel Place, 2006

19 mai 2005
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