Martin Winckler / Petit afflictionnaire médical

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Martin Winckler, après "Légendes", met en ligne sur le site POL, tout l'hiver, "Plumes d'Ange", après que son père Marrc Zaffran a largement traversé les pages de se sprécédents livres. Le texte ci-dessous est repris ici pour inciter à un livre plus méconnu, réflexion sur les pratiques médicales du médecin généraliste et chroniqueur Martin WInckler / Marc Zaffran : “ En soignant, en écrivant ”, Indigène éditions, 2000.

photo Marc Monticelli

PETIT AFFLICTIONNAIRE MÉDICAL
©Martin Winckler

Acte médical : saynète de longueur variable jouée par au moins deux personnes, dont une au moins est médecin.

Antibiotiques : médicaments destinés à faire baisser la fièvre. Toujours source de fatigue, ils ne doivent jamais être absorbés avec du lait (ça le fait tourner). Cause d'allergie très fréquente.

Appendicite : maladie infantile bénigne dont le diagnostic est invariablement fait par les mères. Devient grave lorsqu'elle survient chez un adulte (on parle alors de “ péritonitesepticémique-sur appendice-perforé-gangréneuxatypique ”).

Auscultation :
1. (désuet) : technique consistant à écouter les bruits internes du corps au moyen de l'oreille (auscultation immédiate) ou d'un stéthoscope (auscultation médiate) posés sur le corps du patient.
2. (moderne) : examen du patient par le médecin. Ex : “ J'avais peur d'avoir un cancer du testicule mais il m'a bien ausculté et en fait c'est une mycose des parties. ” (Voir Consulter)

Blouse blanche : signe distinctif des soignants, la blouse blanche est un vêtement à la signification aussi polymorphe qu'un unifonne militaire. Curieusement, c'est moins la forme de la blouse blanche qui compte que ce qu'elle porte ou renferme. Ainsi, sous leur blouse blanche, les aides-soignantes sont en sous-vêtement (surtout l'été), les infirmières en jupe, les chefs de service en nœud papillon, les internes en “ pyjama opératoire ”, les kinésithérapeutes en bras de chemise, les réanimateurs en sueur. Et s'il arrive que les hommes en blanc aient le blues, c'est en revanche toujours le patient qui se fait blouser.

Cholestérol : équivalent moderne des divinités antiques. Lorsqu'il monte, on fait des sacrifices (plus de beurre, plus de viande, plus de sucre) ; lorsqu'il diminue, on se fait plaisir (plus de médicament).

Consultation : visite amicale que le patient rend 'a son médecin. Par extension : moment de la journée au cours duquel le médecin voit des gens qu'il ne connaît pas, débarquer sans prévenir entre deux rendez-vous.

Consulter: ce terme s'applique indifféremment au patient ou au médecin, selon que :
1. Le premier pose au second un problème complexe, ou que;
2. Le second examine le premier (voir Ausculter) et;
3. Jette un coup d'œil dans l'annuaire pour y trouver les coordonnées d'un spécialiste (que l'on nomme alors un “ consultant ”).

Décès : rupture irréparable entre un malade et son médecin. Contrairement à une idée reçue, le décès n'est pas, aux yeux du médecin, une fin en soi. Ce n'est qu'une étape - souvent inévitable - de la relation médecin-malade, qu'il convient de retarder le plus possible, afin d'en jouir pleinement.

Diagnostic 1 : processus mental complexe à l'issue duquel
(a) le médecin nomme la maladie ou
(b) le malade meurt sans qu'on ait compris pourquoi. (Les deux propositions ne sont pas incompatibles.)
Ce cheminement intellectuel est la résultante et la conjonction de savoirs, d'intuitions, de tâtonnements et parfois d'illuminations prodigieuses, et peut être comparé à la résolution d'un problème de maux croisés dont les symptômes sont les définitions horizontales et les signes, les définitions verticales. Les outils diagnostiques du médecin sont au nombre de trois : la prise de sang, le recours au spécialiste et l'hospitalisation.

Diagnostic 2 : (par extension) capacité qu'a un médecin de résoudre plus ou moins souvent des maux croisés, c'est-à-dire de donner une explication à tout, y compris à un décès inexplicable (Ex. : “ Il a un bon diagnostic ”).

Diagnostic complexe : il s'applique aux maladies rares ou mal connues (autrement dit les plus intéressantes) et met en jeu de nombreux moyens qui, selon la rareté de la maladie en cause, permettent au médecin :
1. de préparer la publication d'un article dans des périodiques spécialisés ;
2. d'énumérer les caractéristiques lui permettant de repérer, identifier, dépister ou débusquer (à des fins éthiques) les patients souffrant de la même maladie-entité ;
3. de proposer des voies de recherche et de vivisection humaine en vue d'expérimenter de nouveaux traitements, douloureux mais prometteurs ;
4. de faire progresser, sinon le savoir scientifique, du moins sa propre réputation.

Douleur : méthode de communication audiovisuelle utilisée depuis la nuit des temps par les patients (qui sont fort nombreux) pour attirer sur leur personne l'attention des médecins (qui le sont beaucoup moins).
Il a fallu plusieurs milliers d'années pour que les médecins comprennent que la douleur était un symptôme très fréquent, commun à de très nombreuses maladies. Entre 1880 et 1995, l'attitude raisonnable consistait à “ respecter la douleur ”, c'est-àdire à la laisser s'exprimer librement, de manière à “ ne pas masquer les symptômes ”. (Autrement, comment savoir si le malade souffre?)
Depuis le milieu des années 90, la douleur est considérée comme un symptôme intolérable dans une société civilisée. Par conséquent, l'attitude actuelle consiste plutôt à la traiter par le mépris.

Euthanasie :
1. Sujet tabou (dans les hôpitaux).
2. Sujet brûlant (dans les médias).
3. Méthode permettant d'amputer une famille d'un de ses membres sans risquer les poursuites, et en lui permettant de programmer l'inhumation ou l'incinération à date ferme.
4. Dernier recours quand un patient hospitalisé, malgré les (bons ou mauvais) soins que le(s) médecin(s) dispense(nt), n'en finit pas d'occuper un lit et de (faire) chier.

Examen clinique : rituel mystique (à ne pas confondre avec l'auscultation) au cours duquel le médecin examine un patient. La clé de voûte de l'examen clinique est la prise de la tension.

Famille : milieu pathogène universel, résistant aux antibiotiques, aux vaccinations et à toutes les méthodes thérapeutiques inventées depuis six mille ans. (Voir Médecin de famille)

Fièvre : symptôme qui justifie :
1. d'envelopper les bébés dans trois pulls et deux couvertures (pour éviter qu'ils n'attrapent froid) ;
2. d'appeler le médecin la nuit (pour être sûr qu'on le trouvera chez lui) ;
3. de prescrire des antibiotiques (pour prévenir une complication) ;
4. de prescrire un arrêt de travail à la mère (pour s'assurer que le bébé ne fait pas d'allergie aux antibiotiques).

Histoires de chasse :
1. (désuet) histoires salaces, grivoises, extraordinaires ou invraisemblables que racontent les médecins à leurs confrères pour leur montrer qu'ils ont de plus beaux (de plus belles) malades qu'eux.
2. (moderne) conversations de salle d'attente au cours desquelles les patients et malades se racontent les erreurs diagnostiques de leur(s) ancien(s) médecin(s).

Homéopathie : méthode consistant à incorporer, dans des sucrettes facilement assimilables par les enfants de tous âges, des quantités indécelables de produits variés, afin de soigner d'innombrables affections de nature indéfinissable. Le médicament homéopathique se définit par son mode de fabrication et non par ses effets sur les symptômes. Il est donc parfaitement possible (et sans doute judicieux) de traiter les “ bouées de sauvetage ” par des granules de “ pneu 5CH ”. En tout cas, si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal.
Par ailleurs, l'homéopathie se distingue de l'allopathie par un concept fondamental : le “ principe de similitude ”. Celui-ci consiste à administrer au patient une substance toxique provoquant les mêmes symptômes que la maladie (mais en plus marqué), afin de lui prouver que le remède est souvent pire que le mal. On parle alors de “ valorisation du symptôme ” (Ex. “ Avec la chiasse que m'ont collée les granules juste avant de partir, pas étonnant que je n'aie rien chopé en Thaïlande ! ”)

Infirmière :
1. personne chargée d'effectuer les piqûres, prises de sang et/ou lavements que le médecin ordonne (à l'hôpital) ou que le patient exige (en ville).
2. maîtresse du chef de clinique (à l'hôpital) ; bonne-à-tout-faire du généraliste (en ville).
3. tortionnaire sadique (à l'hôpital) -, confidente impuissante (en ville).
4. professionnelle mésestimée (dans les médias).

Interrogatoire : conversation à bâtons rompus entre le médecin et le malade, parfois en présence d'autres intervenants. Pour le médecin, l'interrogatoire sert à transformer le motif de consultation en symptôme intelligible (au moins), ou en maladie répertoriée (au mieux). Pour le patient, il a pour but de poser au médecin les questions auxquelles ses confrères ont jusqu'à présent refusé de répondre.

Kinésithérapeute : homme de main à l'hôpital ; homme à poigne en ville. Plus souvent considéré comme un masseur par les patients que comme un confrère par les médecins.

Malade : patient atteint d'une maladie (c'est le médecin qui le dit). Tous les patients ne sont pas malades mais, pour justifier sa fonction et ses émoluments, le médecin préfère qu'ils le soient. Et il a horreur qu'on lui souffle la solution des maux croisés avant qu'il n'ait vu la grille (voir Diagnostic 1).

Maladie : ensemble de phénomènes désagréables qui brutalisent le corps et l'esprit d'un patient, et dont la cause, le déroulement et la nature sont codifiés, décrits et répertoriés dans tous les bons traités médicaux. Une maladie est souvent une hydre à plusieurs têtes. Qu'elle frappe le corps (maladies physiques), la psyché (maladies psychiques), les deux (tout un tas de saloperies) ou ni l'un ni l'autre (maladies psychosomatiques), son origine est soit externe (rougeole, dysenterie, paludisme, pollution chimique, radioactivité, conflit familial), soit interne (ressentiment, culpabilité, frustration, cancer), soit mixte (c'est la vie ... ).

Médecin : diplômé de la faculté ou sur le point de le devenir. Avant 1945, sa principale fonction était de faire des diagnostics. De 1945 à 1975, il s'est surtout appliqué à prescrire des antibiotiques et à prendre la tension. Depuis 1975, il hésite entre la lutte contre le cholestérol et la recherche de créneaux d'activité plus lucratifs (Voir Médecines douces).

Médecin de famille : espèce aujourd'hui en voie de disparition. La famille, entité qu'il était censé soigner, après avoir muté rapidement au cours des cinquante dernières années, a acquis une résistance accrue qui la rend parfois insensible à cette catégorie de soignants. Aujourd'hui, il n'est pas rare qu'une famille nécessite une polythérapie par médecin généraliste + spécialiste + psychanalyste + homéopathe, ce qui stabilise au moins l'état général. Certains médecins de famille authentiques subsistent encore dans des régions reculées, mais il semble que l'exode rural et la généralisation des antennes paraboliques auront bientôt raison de ces dernières poches de sensibilité. (Voir aussi Famille)

Médecine(s) douce(s) : pratiques médicales fondées sur des principes radicalement opposés à ceux de la médecine classique (qualifiée de “ dure ”, sans doute parce qu'elle est increvable). Si cette dernière a pour fondements le respect du symptôme (Voir Douleur), la terreur et l'ignorance, ceux des médecines douces sont plutôt la valorisation du symptôme (Voir Homéopathie), l'angoisse et la crédulité.

Médicament
1. objet de profit.
2. instrument de pouvoir.
3. source d'allergies (Ex. “ Je suis allergique à tous les médicaments, mais surtout aux antibiotiques. ”)

Mes malades : terme par lequel un médecin exprime qu'un nombre considérable de patients ne peuvent pas souffrir sans lui.

Mon médecin : terme désuet. Aujourd'hui, il est remplacé par diverses expressions “ mon acupuncteur-iridologue ”, “ mon psychiatre d'adolescents ”, “ mon chirurgien plasticien ”, etc.

Motif de consultation : prétexte élégamment fourni par le patient pour permettre au médecin de se prostituer sans devoir racoler.

Morphine : drogue illicite, consommée exclusivement par les toxicomanes irrécupérables que sont les malades en phase terminale. La morphine est la pire ennemie du médecin car, en faisant perdre au malade le sens de la douloureuse réalité, elle le rend moins dépendant du thérapeute.

“ Mouton à cinq pattes ” : terme imagé utilisé par les médecins pour qualifier un patient n'ayant pas eu la décence de mourir d'une maladie identifiable.

Ordonnance : feuille de papier à en-tête du médecin sur laquelle ce dernier inscrit - le plus souvent, de manière illisible - le nom des médicaments qu'il a en tête depuis le passage du dernier visiteur médical, ou recopie ceux qu'il est parvenu à lire sur l'ordonnance périmée que lui a présentée le patient en entrant. De temps à autre, le médecin peut utiliser ces mêmes feuilles pour écrire à un confrère, attester de la bonne santé d'une mère de famille avant un stage de saut à l'élastique, ou demander au fisc un aménagement de ses versements obligatoires.

Patient : individu qui consulte un médecin. Le mot “ patient ” vient du latin pati, supporter. Le patient supporte l'attente, dans la salle du même nom, parce qu'il supporte mal de souffrir. On en déduira qu'un patient est le plus souvent (mais pas toujours) quelqu'un qui souffre. Du moins, c'est lui qui le dit. Le médecin, par conséquent, doit supporter - coûte que coûte ! - d'entendre le patient souffrir. (On appelle ça “ respecter le symptôme ”.)

Pharmacien : auxiliaire médical dont la principale compétence, acquise par l'expérience, est de savoir décrypter et traduire les ordonnances, et dont la principale fonction est de vendre du shampooing, du dentifrice et des crèmes amincissantes. En tubes.

Prescription : avec le diagnostic, qu'elle peut précéder, suivre ou remplacer complètement, c'est l'autre moment fort de l'Acte médical ; elle consiste à formaliser par l'écrit les pensées profondes du médecin, inintelligibles pour le patient. La prescription peut avoir un but diagnostique (prescription d'examens complémentaires), thérapeutique (prescription de plusieurs médicaments), administrative (prescription d'un certificat ou d'un arrêt de travail) ou conjuratoire (prescription d'une consultation spécialisée, d'une hospitalisation ou d'un internement en chambre capitonnée). La prescription est classiquement écrite à la main, et n'est alors lisible que par un pharmacien (lorsqu'il a beaucoup d'expérience et à condition qu'il s'agisse de médicaments qui existent).

Remboursement : système complexe de racket, de blanchiment et de recyclage de devises entre un producteur (le laboratoire pharmaceutique), un grossiste (le pharmacien), un dealer (le médecin) et un consommateur de drogues (l'assuré), sous la surveillance de deux organisations criminelles nationales (l’Etat et l'Industrie du médicament).

Sexualité :
1. sujet tabou (en consultation).
2. sujet de conversation (à l'antenne).
3. principal élément nutritif du milieu pathogène familial.

SIDA : en Occident, successeur historique de la peste, de la tuberculose et du cancer en tête du hit-parade (ou du Top 50) des maladies sacrées. A noter que cette distinction n'a rien à voir avec le nombre réel d'individus touchés. En Afrique, par exemple, paludisme, tuberculose et Sida sont si fréquents qu'on ne les considère pas comme des menaces, mais comme des traits de civilisation.

Signe : phénomène objectif que le médecin constate (froidement) sur le corps (encore chaud), dans le comportement ou dans le résultat des examens complémentaires d'un patient, qu'il soit malade ou pas. Un signe n'est pas forcément l'indice d'une maladie, mais peut souvent réveiller l'inquiétude du médecin et provoquer l'aggravation du bilan diagnostique. Pour les médecins, les signes les plus précis, les plus fiables et les plus riches d'enseignement sont, évidemment, observés à l'autopsie.

Spécialiste : Médecin qui ne fait pas de visites à domicile, et ne s'occupe que d'une partie de l'anatomie (les yeux OU les seins OU les hémorroïdes, mais pas les trois à la fois).

Symptôme : sensation désagréable perçue par le patient et parfois (mais pas toujours) observable par le médecin. A ne pas confondre avec le signe. Le symptôme le plus fréquemment ressenti par le patient est la douleur. De nombreux facteurs (physiologiques, psychiques et culturels) font qu'une douleur est décrite, rendue ou exprimée différemment par chaque patient. Certains pleurent et hurlent, d'autres grimacent discrètement sous leur oreiller. Le problème est complexe, du fait que la douleur - contrairement à d'autres caractéristiques physiologiques - n'est ni mesurable, ni comparable. Naturellement, lorsque les patients expriment ouvertement leur(s) douleur(s), les médecins ont tendance à penser qu'ils en font trop. Il est vrai que dans ce cas, il est beaucoup plus difficile de garder son calme, car les chambres sont mal isolées.

Tension (prise de la) : reflet objectif de la relation médecin-patient (Ex. : “ Il ne m'a même pas pris la tension ! ”) mais d'appréciation variable selon l'observateur :
1. pour le médecin, la tension “ normale ” est supérieure à 15,5 - chiffre au-delà duquel le patient occasionnel devient un “ malade sous traitement continu” - ou inférieure à 8 - chiffre au-dessous duquel une hospitalisation s'impose. Entre ces deux valeurs, on dit que le patient “ n'a pas de tension ”.
2. pour le patient, la tension est “ normale ” si, et seulement si, les chiffres obtenus sont strictement identiques à ceux de la mesure précédente, fût-ce trois ans plus tard. (Ex. : “ Comment ça, douze-huit ? 12année dernière j'avais treizeneuf. C'est pas normal ! ”)

Traitement :
1. honoraires que versent à leur médecin les patients amenés à le consulter régulièrement : tous les cinq ans pour le rappel de tétanos ; tous les ans pour la licence, le vaccin ou le frottis ; tous les six mois pour les allergies ; tous les trois mois pour la pilule ; tous les deux mois pour l'hypertension on ne sait jamais des fois que ça remonterait ; tous les mois pour les nourrissons ; tous les quinze jours pour les grossesses “ normales ” (les autres, il faut les hospitaliser) ; tous les dix jours pour les consultations de soutien des alcooliques ; tous les huit jours pour les ulcères de jambe ; toutes les semaines pour la morphine ; tous les trois jours pour les fièvres qui ne tombent pas *, tous les deux jours pour les emmerdeurs ; deux fois par jour pour les mourants.
2. attitude de la plupart des médecins à l'égard de leurs ex-patients (Ex. : “ Moi, je ne supportais plus la manière dont il nous traite ”.)
3. méthodes médicamenteuses ou chirurgicales qu'utilisent parfois les médecins pour mettre fin aux souffrances de leurs patients.
(Voir aussi : Antibiotiques. Douleur. Euthanasie. Morphine.)

Visite :
1. déplacement imposé au médecin par un patient alité (visite urgente), en panne de voiture (visite de confort), ou très généreux (visite de politesse).
2. dans certaines circonstance, équivalent d'“ examen gynécologique ” (Ex. : “ Le docteur m'a bien visitée mais il n'a pas trouvé pourquoi mon fibrome me fait mal quand Jules fait ses affaires.”)

Visiteur médical (abrév. : “ VM ”) : personne qui campe valeureusement dans les salles d'attente afin d'illuminer la consultation du médecin et de lui laisser de quoi soigner gratuitement sa mère, sa femme et ses enfants. Il est rare que le VM soit un patient, mais il n'est pas exceptionnel qu'il soit complètement malade. Il en existe deux catégories : le VM (genre masculin) porte en général un costume trois-pièces, un attaché-case et un sourire torve. La VM (genre féminin) est reconnaissable à son cartable, son tailleur ajusté, ses escarpins et à la chaîne dorée (aux armes de l'employeur) qu'elle porte à la cheville. La caractéristique commune aux deux genres est une franche hypocrisie (“ Comment ? Vous ne connaissez pas encore mon produit ? ”) et une certaine tendance à prendre les médecins pour des imbéciles (ils n'ont tort qu'une fois sur dix, environ).