Les aventures de Rosa Bonheur au pays des bêtes ou la petite fille aux pinceaux [3]

Cela pourrait être conte… Un conte un peu particulier qui ne se conclut point par cette phrase traditionnelle : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », mais dont l’épilogue serait : « elle vécut heureuse et peignit beaucoup de tableaux ». Un conte qui aurait pu faire rêver les petites filles du XIXe siècle à une autre destinée que celle de petites filles modèles.

Rosalie devient Rosa

Pas de contes de fées sans une douce mère morte et une affreuse marâtre qui vient prendre place dans le foyer. Blanche-Neige et Cendrillon ont toutes deux subi cette figure froide, autoritaire ou diabolique.

Huit ans après la mort de Sophie, cette mère tant aimée, Raymond Bonheur se remarie avec une jeune femme et réunit tous ses enfants sous un même toit et dans son atelier. Dans les contes, la marâtre est souvent le déclencheur de l’évènement perturbateur qui va permettre à l’histoire de se construire, dans la vie de Rosa elle sera le catalyseur qui transformera Rosalie Bonheur en Rosa Bonheur.

Car c’est l’arrivée de cette belle-mère dans le foyer qui pousse Rosa dans les bras d’une « famille d’adoption », la famille Micas, et lui fait rencontrer celle avec qui elle partagera sa vie : la jeune Nathalie Micas. Soutenue par le père Micas qui voit davantage en Rosa une grande artiste en devenir qu’une professeure de dessin, elle trouve son premier atelier au 56 rue de l’Ouest. Un atelier à elle dans lequel elle peut travailler seule sans être dérangée.

En 1841, elle a 19 ans et ses premières toiles signées Rosalie Bonheur sont acceptées au Salon. Puis, elle y est exposée à nouveau en 1842 et 1843. A partir de 1844, elle décide de signer du surnom que sa mère lui avait donné « Rosa Bonheur » et en 1845 elle reçoit des mains du directeur des Beaux-Arts la médaille d’or du Salon, récompense qui va lui entrouvrir les portes de la notoriété.

11 août 2021
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