Rencontre avec Denise Desautels à l’Orangerie du parc de Rentilly



Il est d’usage de proposer aux résidents des « cartes blanches ». Occasion de faire découvrir des œuvres, d’ouvrir des dialogues, d’inventer des rencontres entre des arts différents. En juin dernier, j’ai choisi d’inviter la poète québécoise Denise Desautels pour une lecture et un échange avec le public de Rentilly. C’est grâce aux éditions du Noroît, présents au marché de la poésie Place Saint-Sulpice à Paris, que j’ai découvert l’écriture de Denise Desautels au tout début des années 90. Depuis, son œuvre m’accompagne. Au fil des années des liens amicaux se sont noués.

Ainsi que je l’écrivais en 2004 pour la revue nantaise Gare Maritime, l’écriture de Denise Desautels est habitée par une urgence, par une fièvre qui la pousse à visiter sans complaisance tous les recoins de l’être , à descendre dans la matière autobiographique en affrontant les périls de l’entreprise — et ils sont nombreux pour qui prend le parti de l’audace contre la frilosité ou le narcissisme.

Ce jour-là à Rentilly, un dimanche après-midi lumineux, dans la chaleureuse bibliothèque du parc — une orangerie qui a perdu ses plantes pour gagner des livres — Denise Desautels, pendant plus de deux heures, a lu et surtout dialogué avec un public d’une quarantaine de personnes attentives et curieuses. Il a été beaucoup question de la langue, du Québec et de son histoire, de ces « étranges forces obscures » dont parlaient la romancière Anne Hébert dans le Québec des années cinquante, forces contre lesquelles s’engage l’écriture de celle qui aime à se définir comme une « archéologue de l’intime ».


Lire cet hommage à Denise Desautels par Françoise Ascal, in Gare Maritime, 2004.
Consultez la fiche biobibliographique de Denise Desautels sur le site de la maison des écrivains



23 août 2010
T T+