Fabienne Swiatly | Accepter ne savoir rien ou si peu

Noter avant d’entrer dans la longueur du texte. Dessiner aussi ou plutôt griffonner, mais comme souvent je n’aime pas le résultat alors je recouvre d’adhésif transparent. Avant d’ouvrir un territoire d’écriture, je dois continuer à me perdre et ne pas figer trop vite mes émotions avec des phrases. Alors dans le cahier rouge intitulé Annette 1, je mets en face à face un électroencéphalogramme, celui qui décela une hypsarythmie chez un bébé de quatre mois et des photos de prises de courant défectueuses, j’aligne mes notes de lecture de Figures du handicap écrit par Simone Korff-Sausse avec une série d’images de pieuvres. Je veux échapper aux clichés sur le handicap que j’ai accumulés, forcément, n’ayant pas été touchée directement par cette situation.

Je ne dois pas me laisser piéger par le prêt à penser, comme dans le titre d’un article sur une comédienne connue qui s’engage contre l’autisme. Contre ? Jamais un mot ne m’a semblé sonner aussi faux. Les interviews des handicapés, de la famille, des professionnels l’expliquent pourtant bien, l’on fait avec le handicap.

La nuit me tombe dessus

Ce qui bouge en moi

Ce n’est pas moi.

Fabienne Swiatly - 14 novembre 2011