AG 21/6/2002 : interventions

Interventions de Philippe Rahmy, Laurent Grisel, Olivier Cazeneuve, Bruno Bernardi.


 


Quelques mots d’ouverture,
par Philippe Rahmy, secrétaire de remue.net association


Mesdames, Messieurs, chers amis,


je suis heureux de vous accueillir aujourd’hui au nom du Bureau à la première Assemblée Générale de remue.net association.


Une première qui l’est à plus d’un titre et peut-être, plus particulièrement, en raison de ce que François et nous toutes et tous avec lui avons entrepris en nous lançant dans l’aventure : tenter un assaut contre les frontières, contre l’enclavement où notre vie nous tient, en sachant que c’est aux frontières, justement, aux coutures, à ces lignes de force et de partage qui font d’un paysage un espace à vivre que se joue la littérature dont nous ne savons rien, sinon qu’elle se défausse à la saisie, sinon qu’elle est pour moi le lieu instable et mouvant, pourtant absolument réel et invincible de la fraternité.


Il en est de la littérature comme d’un archipel ou d’une constellation dont chaque terre émergée, dont chaque astre visible ouvre dans le grand corps fluide où il s’enracine, et la question de son éclat particulier, et l’affirmation de son absolue solitude. Unicité, isolement rendent possible le discours, c’est à ce prix que la voix s’élève et tire le souffle dont elle procède hors silence, qu’elle est "traduite du silence " selon l’image de Joë Bousquet.


Traduction, médiation, voilà peut-être bien la manière la moins fausse de dire ce qui s’est amorcé durant cette année sur remue.net association et la façon la plus vraie de rendre compte d’un travail qui, contrairement à ce que je viens de dire, ou plutôt à cause du lien fraternel qui en est la marque, tire son unicité d’une mise en commun et rapproche de façon perceptible nos isolements respectifs.


Merci. Je souhaite la bienvenue à chacune et chacun.


 


Donner suite… par Laurent Grisel


Pour donner suite à notre conversation, sortant de la réunion vendredi dernier ; pour ma part j’ai entendu dans l’exposé de F. Bon 6 points, orientations soit affirmées soit mises en débat.

1. La revue comme lieu de première publication des nouveaux talents : affirmer et développer cela (création d’une rubrique "On les suit ..." ????) (amorce de débat avec P. Cahuzac sur la rémunération des auteurs)

2. Le site et sa liste comme lieu de réaction, d’intervention : comment être encore plus pertinent ?

3. Sur les choix de la revue et du site : "que défendre dans le contemporain ?" (Les membres avaient l’air de prendre pour évident que ces choix soient ceux de F. Bon - je crois).

4. Le site a aussi pour fonction d’être un carrefour des écritures contemporaines.

5. Sur une responsabilité du site vis-à-vis des écrivains de la génération juste précédente : celle de faire exister sur le net ceux d’entre eux qui y sont réfractaires.

6. Sur les ateliers d’écriture : le site comme dépositaire des expériences et lieu de refuge de la réflexion, au moment où l’E.N. renonce.

Pour la suite : un de ces points (ou un autre !) pourrait faire l’objet d’un débat parmi les adhérents de l’association, grâce à la liste de discussion.


 


Quelques propositions / opinions, par Olivier Cazeneuve (C.A. remue.net asso)

Remue.net s’est créé et développé par enthousiasme, par amateurisme. La professionnalisation n’est pas forcément, sauf certains aspects techniques, souhaitable.

Remue.net est une association : toute prestation professionnelle commandée doit concourir à l’objet social c’est à dire défendre et promouvoir la littérature contemporaine, principalement d’expression française (la langue du site).

D’autre part, une prestation professionnelle suppose des ressources, soit subventions dons, cotisations, soit via commercialisation d’un service ou d’un produit. Je pense qu’en cette matière, tel le bon père de famille évoqué par noter Trésorier, rien ne saurait être décidé sans avoir l’assurance au préalable d’un équilibre du budget.

Choix éditoriaux ; il y a forcément débat et questionnements. Il y a comité de rédaction de la revue d’une part, conseil de l’association d’autre part, le site et la revue n’étant pas la même chose.

Pour l’heure, ce qui paraît dans la Revue du relève du comité éditorial de la Revue. Ce qui paraît ailleurs dans le site, notamment en tant que création (type Opinions, notes de lecture), relève de l’administration générale du site, c’est à dire du webmastering, c’est à dire de FB, Ruth, et quiconque d’adjoint.

On peut choisir une définition formelle des postes ; la réalité pratique demeurera qui a ou pas le mot de passe FTP.

Par ailleurs, je pense que personne n’a envie de devenir godillot de François, ni que François ait quelque désir de ce genre ; un tel risque me semble plutôt faible.

C’est surtout la question de l’espace et de l’ampleur qu’on peut laisser aux débats qu’on pourrait le cas échéant envisager, sachant cependant qu’on passe facilement sur le net du débat à la polémique et de l’enrichissement des idées à la perte d’énergie.

Le mode de discussion est bien sûr la liste retreinte pour l’instant mais on peut aussi envisager des réunions virtuelles via forums ou chats pour débattre/proposer.


Clivage 1 : Remue.net est fondé et administré par FB. Qu’il y ait son coin, sa tanière, c ’est bien. Qu’elle trouve sa place, malgré les coincages, les contraintes, les entournures, c’est bien, même si pas obligatoirement facile. A mon avis. Enfin, pour être franc, je vois (très) mal les pages perso de FB ailleurs...


Clivage 2 : L’équilibre entre les divers composants du site (revue / actualité littéraire / études de fond / liens / ateliers etc...) est né non d’un plan préétabli mais un peu au hasard des nécessités si j’ose dire. Ces branches du site prospèrent, grandissent, s’étiolent, disparaissent, reprennent, de façon comme naturelle. Ne faut-il pas les laisser ainsi ? Je ne ressens ni opposition ni écart intenable entre ces composantes : elles s’alimentent les unes les autres, forment des richesses diverses qui participent grandement l’intérêt du site.

Pourrons nous les tenir ? On verra bien. C’est aussi, me semble-t-il, dans ce " on verra bien " l’intérêt depuis sa naissance de l’expérience remue .net

La disparition programmée des ateliers d’écriture ? Peut-être... On n’y est pas tout à fait cependant. Des reprises sont possibles (par) ailleurs. On peut songer à accueillir d’autres voies, explorations. Et même en tant qu’archive, cette partie reste, à mon avis, un joyau.

Je crois acquis que nous ne ferons pas l’économie d’un redesign graphique du site. Notre outil est le web et le web n’est pas fixe.

L’été pour y penser / discuter ? Comme aussi penser que nous écrivons aussi pour internet. Pas pour papier, qu’il soit de magazine ou de livre mais pour écran.

Amitiés


 


Un mot rapide… par Bruno Bernardi (C.A. remue.net asso)


Un mot rapide, pour concrétiser ma présence. Six pour moi étant trop, j’interviendrai sur deux points implicitement acquis. mais cet accord concernant le statut du site, il mérite d’être explicité :


-1- certaines interventions évoquaient une "professionnalisation" nécessaire de remue.net. ce qui ne peut être qu’une bonne chose s’il s’agit du procès technique, serait me semble-t-il une erreur économique (la masse critique pour être viable sur l’économie du net est toujours plus grande) et intellectuelle (ce serait croire que remue.net a pour vocation d’être une institution culturelle). Le statut associatif choisi paraît tout au contraire fait pour éviter de telles dérives tout en permettant une lisibilité sociale (ce qui concerne par exemple la question des subventions). C’est en tout cas ainsi que j’ai entendu les réponses de françois.


-2- on parle parfois de dualité entre un site d’écrivain (fb) et un site consacré à la littérature. il me semble que c’est une approche intenable. le site remue.net s’est formé, François l’a rappelé, comme un prolongement de sa propre activité. Distendre ce lien reviendrait à vider remue.net de toute substance. Je crois pourtant que la formule de Laurent Grisel. ("sur les choix de la revue et du site : "que défendre dans le contemporain ?" les membres avaient l’air de prendre pour évident que ces choix soient ceux de f. bon - je crois") doit être précisée. Si on entend cela comme un engagement sur l’avenir, ce serait transformer l’asso en fan-club et ses membres en godillots... ça n’y ressemble pas ! Par contre, c’est bien parce que les choix faits depuis vingt ans (Sortie d’usine) par François dans son oeuvre et sa pratique (les ateliers comme le travail de confrontation et de "promulgation" des écriture contemporaines) sont à divers degrés constitutifs de leur horizon propre que les uns et les autres se sont retrouvés dans remue.net. On ne définit donc pas ainsi un lien d’adhésion mais un lieu de convergence et un espace de discussion.

cordialement à tous

20 février 2003
T T+