Littérature de corde

La literatura de cordel, mélange de mythes et de récits modernes, est ainsi dénommée car il est d’usage, dans le Nordeste brésilien, de vendre ses folhetos, ses feuillets, en les installant sur une corde. Les poches des migrants les contenaient aisément et les transportaient loin, c’est ainsi que cette littérature s’est répandue ensuite dans les grandes villes du Sud.

Contrat maint, maison d’édition fondée par le poète Pascal Poyet et l’artiste Goria, a été créé en 1998 au cours d’une résidence au Brésil. Les deux premiers ouvrages furent imprimés à João Pessoa (Paraïba) par un imprimeur au prénom quasi prédestiné : Gutenberg Chaves.

De retour en Europe, l’expérience des cordels s’est poursuivie, s’inspirant du pliage et des couleurs d’impression, ouvrant ses pages à la poésie, aux traductions et aux textes d’artistes. Chaque ouvrage est tiré à 500 exemplaires. Il est diffusé par la poste aux abonnés (les souscripteurs), aux personnes ayant participé aux ouvrages précédents et aux destinataires choisis par l’auteur.

Au catalogue, Pascal Poyet et Goria, Michèle Métail, Bénédicte Vilgrain, Richard Monnier, Yvan Mignot, Emmanuel Hocquard ; des textes de Farhad Showghi (traduit de l’allemand), de Masbahi B. (traduit de l’arabe), de Stacy Doris et de Gertrude Stein (traduits de l’américain par Martin Richet).
Pour recevoir catalogue et bulletin de souscription, écrire à contrat maint : 22, avenue Frizac, 31400 Toulouse (contratmaint[arobase]wanadoo.fr).
À lire en ligne : un entretien avec Pascal Poyet et Goria.
Le travail de Pascal Poyet.
Pour les lusophones, le site de l’Académie brésilienne de littérature de corde.

Et maintenant un extrait de Il paraît de Goria :

Il paraît que dans certaines tribus d’esquimaux au Pôle Nord, parfois les hommes se réunissent, choisissent l’un d’entre eux et tous ensemble le jettent en l’air le plus haut possible pour qu’il voie très loin et raconte.

Souhaitons cette année encore d’être capables, à remue.net, de nous jeter le plus haut possible afin de voir très loin et de vous raconter.


Dominique Dussidour

26 août 2003
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