Thomas Pietrois-Chabassier | Ce qui la nuit

Photo : Suzanne Reichenbach

[@Ce qui la nuit se voit, se bâtit, se frôle, se croise, se console, se défait, dans ce qui la nuit s’en va, parfois, ce qui la nuit se dilue quelque part, de lui, d’elle, de tout, au milieu de tout ça, de ceux qui, de ce qui revient, parfois, ce qui la nuit revient, revenait, espérer, ce qui la nuit fait penser, fait rêver, ce qui la nuit fait croire, fait faire, fait dire, de ce qu’il faudrait ne pas faire, qu’il faudrait ne pas dire, ne pas voir, ne pas trahir, ce qui la nuit ressemblera, ce qui la nuit sera, ne sera pas, de tout ça, de tout ce qui la nuit fait entrevoir, ses soleils, ses éclairs, ses chutes, ses élans, de janvier, d’octobre et de novembre, de parfois, de toujours, du verre, d’une pluie, d’un ciel, d’un lit, ce qui la nuit peut, ce qui la nuit défend, ce qui la nuit se sauve, ce qui la nuit pourra, une allure, un coeur, deux coeurs, et plus, et comment et pourquoi, ce qui la nuit pourquoi, un regard de trop, de biais, de mauvais, pour quelque chose, un moment àpasser, ce qui la nuit était, ce qui la nuit jaillit, resplendit, s’accommode, ce qui la nuit n’est plus, ce qui la nuit, dans le soir, dans le jour, dans les yeux, dans les rues, ce qui la nuit, danser, ce qui la nuit, chanter, ce qui la nuit, sur la scène, dans les lumières, et dans les néons bleus, dans les couleurs du rouge, rêver encore, le visage de ce qui la nuit, de quelque chose de grand, de plus grand sur le sable, de plus fort dans les lieux de ce qui la nuit faiblit, et plus fort encore que ce qui, que ce que, que ce qui la nuit apprend, et ce qui la nuit donne, àvoir, àfaire, pas toujours, pas tout le temps, pas comme ça, pas maintenant, ce qui la nuit reprend, doucement, violemment, fermement, toujours, parfois, ce qui la nuit prendra, ne fait pas, ne fait plus, ce qui la nuit, malade, et marcher, dans ce qui la nuit, et aller, l’espoir, peut-être, ce qui la nuit disait, ce qui la nuit se souvenait de ce qui la nuit autrement, dans la bouche de ce qui la nuit dit quelque chose, quelque part, souvent, ce qui la nuit faisait, perdu, inutile et mortel revenant, ce qui la nuit valait, une fois, hier, peut-être un autre jour, ce qui la nuit éteint, déjà, pas encore, et pourtant, de coeur, de courage, de la fin, de ces jours, et ranime, parfois, quelques-uns de ces matins, ce qui la nuit tout seul, ce qui la nuit tout le temps, ce qui la nuit enflamme, dans le noir, sur les tomettes, sous les yeux de ce qui la nuit veut dire, ne veut rien dire aussi, ce qui la nuit, très tard, et devant un miroir, dans une fête, sur un champ, sous les étoiles, et devant un château, l’air de ce qui la nuit passait au dessus d’un cortège, d’une gorgée, d’un serment, d’un peu de ce qui la nuit sifflait, une fois, ce qui la nuit n’a pas toujours été ce qui la nuit sera, ici, ou ailleurs, ce qui la nuit ravivera plus fort, ce qui la nuit sauvera de ce qui la nuit ne sauvera pas, ce qui la nuit se ferme, et bouscule, les souvenirs d’une grande halle, et d’un abricot sec, d’un baiser dans la rue, et d’autre chose encore, comme ce qui la nuit se hasarde, au détour de quelque chose de connu, d’inconnu, de toujours, de maintenant, de tout ce qui la nuit se prend, ce qui la nuit se saisit dans la nuit, dans les nuits, ce qui la nuit s’élève, se souvient, ce qui la nuit fléchit, et ne reviendra pas, et ne vaudra plus rien, ce qui la nuit se gardera, ce qui la nuit tombera dans ce qui la nuit grandit, fièrement, médiocrement, parfois, ce qui la nuit mutile, ce qui la nuit défait, sur la plaine, dans le soir de quelque chose de froid, d’ancien, de timide, et de sec, ce qui la nuit se blesse, ce qui la nuit se jette, et ment, ce qui la nuit détruit, ce qui la nuit s’oublie, quelquefois, sans dire, sans croire, sans rien savoir, de ce qui la nuit, seule, de ce qui seule la nuit, ce qui la nuit perdure, ce qui la nuit se calme ou se réveille, ou s’extrait, ou s’accomplit, ou s’isole, quelquefois, aussi, ce qui la nuit repasse, ce qui la nuit traverse, ce qui la nuit truande, ce qui la nuit voyage, assombrit et transperce, un aller quelque part au milieu des étangs, des grands lacs et des herbes, et au bord d’une fête, sur la rive de ce qui la nuit secoue, de tout ça, et de rien, et de plus, et de moins, ce qui la nuit ne fait rien, parfois, de ces jours, de ces matins, de ces lieux, des ces gens, de ces choses, ce qui la nuit explore, ce qui la nuit fantasme, ce qui la nuit transforme, et déplore, et recueille, et perçoit, et fait rire, et fait peur, et trahit, et se perd, ce qui la nuit revient, et revient, et s’en va, ce qui la nuit s’en va, rend fou, ce qui la nuit s’efface, ce qui la nuit déploie, dans le ciel au-dessus des grandes vagues et des nuits, ce qui la nuit se retrouve et se quitte, quitter ce qui la nuit se quitte, ce qui la nuit se quitte, quitter ce, quitter ce qui, quitter ce qui la nuit, ce qui la nuit s’écrit.@]

8 janvier 2020
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