Serge Ritman | Courts réveils d’un instant
heureux temps
Où le glacier de l’air marche vers l’océan
Câlin, et par un souffle dur immobile et fort
Lui fait l’enfant qu’il désire.
Pierre Jean Jouve
bas
(tu es dans l’histoire & tu viens au bord)
décide d’écrire sur le motif ce carnet est ouvert à cette fin se veut peintre de la vie moderne du dimanche est allongé sur la plage voit son paysage a décidé d’une certaine marine des sons créent l’espace de ce tableau n’a pas d’enfant avec lui entend des enfants ils sont dans l’espace familial créent l’espace pictural dans sa tête rien à voir avec une cour de récréation trop à voir avec
sa vie
(le lieu se récite & la vue se raconte)
l’estran est à certaines places couvert de vagues le sable a les variations de couleur de la mer mais l’eau est assez importante dans les creux voit le ciel le ciel monte vers lui au moment où le vent se fait sentir sur sa peau n’est pas seul seul il n’écrit jamais il dit comme on dialogue est accompagné mais il faudrait dire est avec qui il est toujours ne peut d’ailleurs voir sans être
avec
(la solitude impossible du langage
& le mensonge réitéré des poètes)
l’observation la notation ne peuvent être simultanées instantanées absolument se dit les nuages passent observe la mer monte une brise se lève etc. n’en finit pas dans un temps toutefois relativement court le mois d’avril position presque allongée trop longue sur une plage de l’Atlantique est pris par les modifications du paysage intérieur ne peut rester sur le motif l’amour arrive comme
le temps passe
(le monde est fini & et tu commences)
un phénomène optique s’inscrit dans la mémoire un nuage obscurcit son paysage les sables au lieu de s’assombrir totalement les sables s’illuminent de petites lumières les yeux se mouillent la lumière d’avril est en fin de compte trop forte pour ses capacités la marine il l’envisageait sur un carnet est une détrempe le papier l’écrit est devenu illisible ferme les yeux se penche vers
elle sans motif
(naissance sur son bord & commence dans ses yeux)