Prendre suint - 10


DÉCRÉÉE


mous marchions côte à côte dans l’inclinaison
de notre corps quand une planète s’est jetée sur nous.

de nos abattures dans les fougères
elle fit son pêne de lois naturelles.

le ciel est bleu sous nos phalanges le soleil
creuse les frondaisons pour s’abattre à nos pieds
les barbelés ne peuvent qu’arracher les écorchures de nos mains.

ainsi entrerons-nous dans l’héroïsme.


TON GANT DE CRIN


nous avons sur le visage de nombreux trous
où nous remisons
toutes sortes d’objets
dans la tiédeur des châles.

combien d’entre eux
as-tu comblés pour être lue
si c’est ton sourire encore dans la cheminée,
omis maîtrisé ?

hâte ta toilette
tant que les poètes
tiennent le ciel dressé
par le bout des cils.


AU PIED DES MORAINES


nous baillons tant
que nulle n’est plus en mesure
de nous apercevoir.

la nuque léchée par une salamandre
j’attends que l’été soutire aux gâtines
des dispenses de tombes
des bérets et des rampes
des chaintres et des vasques
des trépans et des souilles
de-ci de-là lente après lente.

avec – devant – l’épaisseur de la plaine
les aigrettes sur le sable.

une libellule rôde dans le jardin.
tu la montres du doigt par la lucarne grasse.

à quoi bon mourir
si c’est pour finir par peser plus lourd qu’une graine ?

29 octobre 2023
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