Le Collège International de Philosophie en danger / mise à jour du 25 octobre.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent donc.
Le Collège International de Philosophie est en danger.
Un communiqué de presse nous dit pourquoi. Une pétition de soutien adressée à la Ministre Najat Vallaud-Belkacem est en ligne ici.

Rue Descartes, la revue du Collège international de philosophie.


20 JOURS POUR SAUVER LE COLLEGE INTERNATIONAL DE PHILOSOPHIE.

Le Collège international de philosophie est une association loi 1901 fondée en 1983 par la volonté de l’Etat et de grands philosophes français Jacques Derrida, Dominique Lecourt, Jean-Pierre Faye et François Châtelet. D’où sa structure singulière : ce n’est pas une université, mais une association parrainée et financée essentiellement par le Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le Collège répond à de grands enjeux philosophiques et politiques : décloisonnement et cohésion de notre société, démocratisation de la pensée, rayonnement de la culture française. Institution unique en son genre, internationale, interdisciplinaire, il est fondé sur le bénévolat de ses cinquante directeurs de programme français et étrangers. Le monde entier s’en étonne, le connaît et le reconnaît.

Sa dotation publique, en constante diminution (240 000 Euros en 2013 – par comparaison, une université parisienne reçoit en moyenne 240 millions d’Euros), sert essentiellement à payer les quatre salaires de son équipe administrative. Pour la première fois depuis trente et un ans, elle est en passe de ne plus être versée.

Les transformations des règles de comptabilité publique ont conduit le Collège à s’associer à la Communauté d’Universités qui lui convenait le mieux, l’Université Paris Lumières. Mais les postes promis pour le Collège au sein de cette Université n’ont pas été débloqués.

Si aucune solution n’est trouvée, le Collège devra se déclarer en cessation de paiements le 5 novembre prochain.

Ce serait une catastrophe pour la pensée française dont on mesure mal la portée.

Il reste vingt jours pour empêcher cette mort inacceptable.


Suite à la première vague de protestation et de soutien du CIDP, le Ministère de l’Enseignement et de la Recherche supérieure a émis le 22 octobre un communiqué. [1]
On trouvera ci-dessous la réponse du CIPH.

Le Collège International de Philosophie a pris connaissance avec un très grand soulagement du communiqué de presse du Secrétariat d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, en date de ce mercredi 22 octobre.

Alors que la situation financière du Collège se faisait alarmante du fait du retard intervenu dans l’attribution des moyens annoncés, le Secrétariat d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche rappelle la spécificité et la valeur des activités du CIPh, et déclare sa volonté d’en assurer la pérennité, en reconduisant dans l’immédiat la dotation financière des années précédentes.

Le Collège et ses instances restent attentifs à la suite qui sera donnée à cette annonce dans un calendrier qui demeure très tendu. Au-delà, le Collège se félicite que le nouveau dispositif résultant de son association à la ComUE Université Paris Lumières puisse être discuté et mis au point dans la sérénité nécessaire, avec pour perspective un dynamisme encore renforcé par de nouvelles collaborations.

Le 23 octobre 2014,

Barbara Cassin, présidente du Conseil d’Administration
Denis Kambouchner, président du Conseil Scientifique

25 octobre 2014

[1"Le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche tient à rassurer les personnels et partenaires du Collège international de philosophie quant à la pérennité de cet établissement.
Le ministère confirme l’attribution de la dotation de financement qui, comme les années précédentes, sera versée au Collège international de Philosophie.
Ces moyens permettront au Collège de poursuivre son activité reconnue en faveur de la promotion d’un dialogue interdisciplinaire et ouvert sur la philosophie."