Des revues : salon et sommaires

Le 16e Salon de la revue se tiendra le prochain week-end d’octobre à l’Espace des Blancs-Manteaux, 48 rue Vieille-du-Temple, Paris 4e.
Vendredi 13 octobre de 21h à 23h. Samedi 14 de 10h à 20h. Dimanche 15 de 10h à 19h.
Entrée libre.
Rencontres, performances avec 700 revues noctambules au cours d’une Nuit de l’Écrit de 21 à 23 heures le vendredi 13.

Dans le cadre des animations proposées sur le pôle des revues électroniques, un écran sera dédié à une sélection de revues internet. remue.net y sera présent avec Sébastien Rongier (samedi vers 16h30), Julien Kirch et d’autres membres du comité de rédaction.

Sur remue.net, consulter régulièrement la rubrique Revues.


La revue trimestrielle Vacarme consacre le dossier de son numéro d’automne à cette question : « Que peut une image ? »
Au sommaire de ce dossier : le philosophe Georges Didi-Huberman et un Chantier « Artistes en guerre » avec, entre autres, les photographes Sophie Ristelhueber et Éric Baudelaire, le réalisateur Sean Allister, ainsi qu’un portfolio.
Dans ce numéro on lira également les premières pages de Nota bene, le sourire de Jean Genet d’Emmanuel Pinto, traduites de l’hébreu par Jean-Luc Allouche, extrait d’un roman à paraître qui se déroule au Liban lors de la guerre 1982-1984, ainsi qu’un article de Pierre Zaoui « colère et indignation ».

Extrait de l’entretien avec Georges Didi-Huberman :

Dire qu’une image est d’abord « ce qui résiste au discours » revient à dire qu’il ne faut justement pas s’arrêter à ce « d’abord ». Toute question, affirmait Bataille, est une question de temps, d’emploi du temps.[…]
Écrire sur les images, c’est d’abord écrire. C’est articuler malgré tout ce qui apparaît d’abord comme une expérience de l’inarticulable. C’est écrire l’inarticulable même, ou à partir de lui, en le préservant, en sachant écrire qu’on le préserve. C’est aller chercher toute son énergie dans l’écriture elle-même, c’est ouvrir les possibilités poétiques et philosophiques de tirer quelque chose – une parole, un texte, un style particulier qui rendrait compte de cette image particulière – à partir d’une mutité première. Il faut, pour cela, une sorte de courage : courage de regarder, regarder encore, courage d’écrire, écrire malgré tout.

Vacarme [1] participera à la 12e édition de la Documenta de Kassel. Cette exposition internationale d’art contemporain, qui a lieu tous les cinq ans, a été créée en 1955 sur une initiative d’Arnold Bodes. Il s’agissait de documenter photographiquement le « drame de l’art moderne ».
Les commissaires de la prochaine Documenta, de juin à septembre 2007, ont décidé de créer une plate-forme éditoriale en ligne sur laquelle 70 revues du monde entier ont été invitées à se saisir des thèmes de l’exposition en échangeant points de vue et articles. Ce forum de travail sur Internet, réservé, de juin 2006 à juin 2007, aux revues choisies, sera accessible à tous dès l’inauguration de la l’exposition.


La belle aventure de la revue Grèges, initiée par Lambert Barthélémy et Emmanuelle Dufossez en 1997, prend fin avec le numéro 10. (On peut se procurer les anciens numéros.)

Au sommaire du numéro 10 :
Brice Petit : « Avec cette pétrifiante enveloppe de guerre »
Dominique Quelen : « Petites formes »
Pierre Parlant : « Le rapport signal-bruit »
Abdulah Sidran : « Poèmes d’après le siège ».
Également : Cédric Demangeot, Karl Jola, Claude Yvroud, François Amenecer et des œuvres plastiques de Marko Velk, Jean-François Desserre et Étienne Zucker.

Ainsi qu’un ensemble de poèmes à la peau rêche d’Edmund Mach, traduits de l’allemand (Autriche) par Hugo Hengl. L’un d’eux s’intitule :

La vue de M. Waldheim à l’hospice

Attiré par la quiétude que nous
avions à l’hospice, vint M. Wald-
heim du gouvernement général.

Il serra la main de chaque pensionnaire,
à moi 2 fois, décrivit
la situation à Vienne, et avait
un merveilleux poli dans son
discours.

Nous reçûmes chacun 1/4 de vin
dans un verre coupé au jus.
Par l’inspection des petites choses
M. Waldheim est arrivé loin
il est aujourd’hui secrétaire général
de l’ONU.


À mi-chemin entre l’édition et la revue, et sur abonnement uniquement, on rappelle qu’il est toujours temps de recevoir :

contrat maint [2] dont un huit-pages qui se déplie a proposé de lire Réduction de la révolution la nuit de David Lespiau. Extrait :

Une fille passe dans la rue. Un homme coiffé d’un chapeau entre dans un café et parle longuement à des buveurs. Une écolière en fuite dans les rues de nuit. La porte d’un café. Des gens à un bar situé dans une cave. Une fille passe lentement la porte tambour. Le décor et les personnages ensemble. Rencontre dans la cave déjà vue. Des joueurs d’échecs. Travelling dans un square désert la nuit. Panoramique sur une place et des maisons la nuit jusqu’aux lumières d’un café ouvert. La même revient.


Sur abonnement également : La Vie secrète des mots [3] dont le numéro d’octobre 2006 publie Vingt-deux syncopes de Paris de Bruno Sourdin. Extrait :

7.
Minuit
Dans la rue qui marche
On passe la nuit en prière
Les pas s’étouffent
L’épicier se costume en fille
Les chiens refusent de s’approcher
Le maître chanteur est précis comme un horaire de chemin de fer.

8 octobre 2006
T T+

[1Vente sur abonnement et diffusion en librairies Volumen/Le Seuil ; hors librairies : Co-Errances.

[2Écrire à contrat maint : 24, rue Saint-Antoine, 13002 Marseille.

[3Écrire à : La Vie secrète des mots, Pascal Lenoir, 11 ruelle de Champagne, 60680 Grandfresnoy.