Sébastien Cochelin | 12 Neuvaines

Vous doux épeautres qui
Sur le verseau servez
Mes pudeurs quotidiennes
L’accent dit-on de l’ouest
Qui fixe en chaque fracas
De langues insoumises
N’indique rien d’indicible
C’est l’iliaque qui répond
Au sacré aux selles et cieux

*

A poser son cul sur ces poltrons morbides
C’est s’enfoncer sûr plutôt qu’enfoncer saoul
Le clou dans l’os et suit ce que le nase arrête
Nous nommâmes accoutumance ce plaisir
Dilatation des pupilles offertes au rance
Effort de naguère passe ifs dressés la table
Aussi sur le pouce se complète le bon lardon
Mêlé d’olive vers l’aine à travers le col l’ivresse
Que rien ne prive promesse de toutes amours

*

Au fil de l’eau s’offre l’occasion d’un sommeil
Chant des fenêtres et brassées d’arbres frais
Des gommes effacent la faute pilates singulier
C’est du Spqr illisible la frisée se mêle de savoir
Le vent qui rappelle nos bretagnes natales
Au doigt mouillé salade composée jolie jolie
S’impose en cri comme un poinçon changeant
Remonte sur les larmes des derniers cadrans
S’y gît le rare obscur aux fondrières inversées

*

Forêt qui me perce par le plus doux chemin
C’est assez pour le varech nos fruits de mère
Amers cet échos qui narre cis genre et sisi
Mais oui c’est encore la confirmation fatidique
De nos présences à dieu qui décrient le sol
Comme un imposant mercure renonçant
A la fraicheur des éthers sottes cosmogonies
D’allure pompier ça tire ça pendouille ça sent
Ne remorquent pas même les premiers tant

*

Ordures sales sulfites
Poinçons de nos marres
Sur la rive de nos hygiènes
Je laisse à d’autres le soin
De prendre à témoin
L’assolement fatal
Qui nous fait mal
La végétation nasillarde
Et la lubie malveillante

*

Samuel biquette professe au poil
De montagnes en déserts s’efface
Bouc contre glabre délivre ouvert
- Qu’attends-tu des mythes à venir
Le vêtement déchiré c’est coutume
Buvant à la lice ce que du doigt dieu
Petit te dit de nos vies tout compte fait
Dada est Gogol ô russes envies
Pour l’essence de l’histoire tu fais feu

*

Asperge-moi d’Esope et déchirons ainsi
Ce mythe des parturientes faucilles
Aux hygiénistes en Véggie s’imposaient
Ce lavement saoul simpliste du regard
Des sépulcres béants totems de valeurs
Moyennes et normes par pyrolyses vives
Maximes de poulpes inscrites en parité
Leurs vérités expulsent comme excitent
Se battent attendrissent et plus encore

*

C’est ce grès impur et rougissant
Qui ne porte pas la mémoire de nos
Cochons pendus ainsi porc bandant
L’espace de ce taon puni d’un jour
Défloré la fraicheur d’un sol défait
D’épithètes il jette son dévolu avoue
Que nulle Tarpéienne n’est sans fumée
Alors que l’auréole descend de sa tête
Regarde au bassin où tu pleurs encore

*

Colique dans les prés de bombyx frotté
Fougères s’invitent en feuille réceptacle
D’occasion aux grandes commissions
Le commissaire aux lèvres postérieures
Indiqua le contact d’un blond nénuphar
Raie de lumière alors s’expose comme
Un rien de soleil se ferme comme coda
Dans un soupir progressif qui m’a vidé
De tout tracas oui ta révolution sera là

*

C’était alors dans l’attente du facteur de clavecin
Cheval à ses heures traversant Bretagne et Doubs
Chapiteau offert comme rubis sur l’onglet reposé
Ose une marqueterie en sa harangue je contemple
Les bonzes heureux ainsi coulés se remettant d’ici
Fièrement à nos chaleurs datées on crie de l’ombre
A quel homme ce souhait de cueillir éternellement
Sur l’arbre nos épopées d’un soir Olympe passées
Il est noir ce sommeil régal de toute son exactitude

*

Que j’aime la rue Saint-Denis
Il y a des putes et c’est joli
On affiche la réclame sur les murs
Du genre : Avez-vous lu du pur ?
Alors comme un poussin quêteur
- car cette farce est sans odeur
appliquée au doigt elle demeure -
On piaffe de façon moelleuse
Pour scander la folie heureuse

*

Wunderfrau

Saut du lit minuit comme à d’autres
Bain des étés se convainc à l’ennui
Remue-méninges le mange-sommeil
Activons tes linéaments de ma joie
Quand tu recules pour un voir neuf
Cocotte tu ne siffles pas vraiment
Mais on pourrait singer l’écho frêle
De nos jeux tu dessines une crique
Où se mêlent les tissus de nos rages

9 mai 2020
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