Michel Deguy La fin dans le monde aux éditions Hermann

Le nouveau livre de Michel Deguy, La fin dans le monde, vient de paraître dans la collection « Le Bel Aujourd’hui » des éditions Hermann... comme un écho logique au livre de Martin Rueff, Michel Deguy, situation d’un poète lyrique à l’apogée du capitalisme culturel dont nous avons publié deux extraits ici et ici.

Cette parution est l’occasion de rappeler d’une part le dossier Michel Deguy et d’autre part la prochaine rencontre remue.net qui aura lieu le8 janvier prochain à 20 heures au Centre Cerise en présence de Martin Rueff et Michel Deguy.



En quatrième de couverture, on peut lire :

La fin est double et donc duplice : but poursuivi (télos) et achèvement (terminus), ce après quoi les choses ne sont plus comme avant, « fin d’une époque », césure. En surimpression dans notre langue à la faveur d’une homophonie, la faim projette sa hantise, comme le Cri de Munch, sur le spectaculaire diorama de l’époque. La fin épuiserait la faim.
On se demande comment ça pourrait finir. Nombre de scenarii envisagent les derniers jours, le dernier homme. Il n’est pas impossible d’imaginer une fin par atélie et par hypertélie associées. L’atélie, c’est quand les fins professées, « dernières », par l’économie-monde partent en fumée comme le « supplément d’âme » ou les fameuses « valeurs » épuisées d’entrechocs, de mépris et d’anorexie, et que reste seule, mise à nu par ses célibataires, la machine infernale production-consommation, qui ne se soucie bientôt plus de ses alibis. L’hypertélie (qui causa, nous dit la vulgarisation scientifique, la mort de gigantesques mammifères il y a cent mille ans), c’est quand le prédateur surdimensionné avale la « nature » et écrase la terre : la créature terrestre s’immortalise en s’émondant avec son génie génétique et ses prothèses.
La fin, ou sens, réserve à la pensée son secret difficile à instruire à chaque grand âge, dans une proportion d’or et de fini et d’infini – comme la formule Pascal dans son énigme : « l’homme passe infiniment homme ». Comment faire proportion par les temps qui courent ?
L’alliance radicale de la pensée poétique et de la pensée écologique s’exerce aux paradoxes d’une telle proportion. On en trouve des esquisses dans le présent essai, études et lectures.

Sébastien Rongier - 27 décembre 2009