(2021) Journaux de résidence

D’abord il y a des notes, jetées au fil du temps. Micro-repères, pense-bêtes, bribes de réflexions.
Si ces notes prennent de l’ampleur, mises bout à bout on pourrait nommer cela une chronique.
Si la chronique prend forme pour devenir objet littéraire, on l’appelerait journal – terme ambigu, à l’image de « roman ».

C’est quoi un journal, finalement ? Un récit, des notes éparses, une accumulation ? Un chemin, un trajet, un croisement ? Un souterrain ?
Qu’est-ce qu’on entreprend en tenant son journal ? Qu’est-ce qui nous meut ? On veut retenir, se souvenir, faire un état des lieux, ou des faits ? On veut réfléchir, analyser, essayer de comprendre ? On veut pouvoir y revenir ou déposer des pensées pour mieux les oublier, les enfermer quelque part ?
(Colombe Boncenne)

Le journal se place au croisement des deux éléments composant toute résidence d’écrivain : l’écriture personnelle et l’inscription dans un lieu d’accueil. L’auteur rejoue sa présence in situ sous de multiples nuances : récit circonstancié, anecdotes, réseau intime.
Je me demande si mon journal, ce n’est pas, justement, ce projet d’écriture pour lequel j’avais sollicité cette résidence. (Julien Thèves)
Car le journal, depuis Kafka et même avant, est considéré comme un genre littéraire à part entière. La résidence peut permettre de prolonger un processus de création existant, ou de l’explorer en tant que nouveau genre.

Projet littéraire, parfois. Ou au contraire simple archive. (Antonin Crenn)

Raconter sa résidence dans un journal, c’est faire le récit des étapes de ce temps particulier, plusieurs mois d’immersion dans un lieu partenaire, école, bibliothèque, institution, face à des situations nouvelles et des interlocuteurs nouveaux. Rencontres, sensations, questionnements, où la fiction peut s’immiscer, et même investir le réel quand par exemple ateliers et rencontres sont annulés comme ces derniers mois :
Sans que je le décide tout à fait consciemment, le narrateur de mon journal est devenu quelqu’un d’autre. (Amélie Lucas-Gary)

Dernièrement, les journaux de confinement se sont multipliés pour poser un miroir face à notre époque troublée, un guide dans le brouillard.
C’est ainsi que procède l’auteur en résidence, tissant sa trame semaine après semaine, confronté à l’autre, au doute, à l’imprévu. Impressionné, parfois découragé par un défi qui semble impossible à tenir, au point de se demander comment faire. (Lise Benincà)
Puis, dans le meilleur des cas, se prenant au jeu et, parce que tout terrain inconnu revêt une force et une forme particulières (Maud Thiria), trouvant par cette contrainte une voie d’écriture insoupçonnée.

La réception du journal de résidence

La publication d’un journal permet d’approfondir le dialogue entre l’auteur et les publics concernés

Écrire à point

Un texte de Lise Benincà pour le dossier Journaux de résidence

Journal du non-journal

Colombe Boncenne, pour le dossier Journaux de résidence

La forme du journal est la forme fantôme de tous mes livres

Julien Thèves, pour le dossier thématique Journaux de résidence

Ce n’est pas un projet littéraire, c’est une archive

En résidence, j’écris un journal de résidence. Quand je ne suis pas en résidence, j’écris un journal aussi. Antonin Crenn.

Mars Mars

Amélie Lucas-Gary, récit d’un journal qui a changé de nature avec le premier confinement, dossier Journaux de résidence

Un journal où poser des pierres

Un texte de Maud Thiria pour le dossier Journaux de résidence

Carne des jours et ateliers fantômes

Un texte d’Anne Mulpas pour clore le dossier Journaux de résidence