On fatigue ou on rit ?

Si les poètes font le printemps, cette année les femmes leur donnent des couleurs. La rage peut nous saisir même si l’affiche suggère subtilement le rose. On fatigue ou on rit ? Quelles couleurs exprimeront les hommes l’an prochain ?
Et puis on s’en fiche du sexe de la littérature, nous faisons ici sur Remue territoire commun avec des textes, des images et ce qui dans la littérature cherche à faire sens malgré la complexité du monde. Et de nombreux textes inédits à découvrir.

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Le jour est tombé en miette, en cendre, en poussière - Un beau petit monticule d’instants et le soleil a disparu sous les gravats. Un texte inédit de Thomas Vinau et des liens pour le découvrir mieux. Avec ou sans la couleur.

- Qu’il y ait une autre peau, être dans les bras de quelqu’un, ou avoir quelqu’un dans mes bras, cet enlacement-là, cet enlacement-là parfois c’est du silence. Parfois ça fait du bien. Après y a les acouphènes de la pensée mais - Est-ce que c’est du silence ? Un poème inédit de Paul Sanders

Je fais le vide autour de moi - Autour de lui - La voix de la biographie rapide - Qu’on dresse au couteau sur la toile - L’assiette vide des absents - que l’on continue de dresser - Un texte de Manuel Daull, à qui Guénaël Boutouillet consacre un article.

Ces Idiots ont peu à voir avec ceux du film éponyme de Lars Van Trier. Eux ne font pas semblant de l’être ou de le devenir. Ils le sont, tout simplement.
Leur comportement inquiète ou étonne. Chaque cas est unique. Il arrive fréquemment qu’un médecin (la plupart du temps psychiatre) se penche sur eux pour tenter de comprendre ce qui les gouverne.

Les Idiots (petites vies) d’Ermanno Cavazzoni, traduit de l’italien par Monique Baccelli, éditions Attila.

Le fils espère l’accouchement du nuage, sa solution, il guette une forme définitive. Et celle-ci vient comme en réponse, cavalier et monture surgissent de la tache noire qui perce le nuage, cavalier noir, monture noire, équipage. Cavalier noir et monture noire plus grands que le nuage effiloché derrière eux, avec des naseaux noirs et un chapeau noir braqués en direction du fils.
Ce que la littérature peut avec le western spaghetti
- un livre à paraitre de Patrick Chatelier.

Il y avait tout juste deux semaines qu’elle était partie. Il ne trouve pas d’autre mot pour dire cette absence inopinée qui, à ce moment-là, n’avait rien de commun avec l’idée que l’on peut se faire de la mort. -Journal d’absence de Jacques Josse vient de paraître aux éditions Apogée avec des gravures de Georges Le Bayon.

Qu’on dise de moi tout ce qu’on voudra, c’est pourtant moi, c’est moi seul qui répands la gaieté sur ses lèvres.
Dès que je parais dans mon corps-de-gloire-nimbé-de-lumière, dès que la mandorle entourée d’anges musiciens compose des premiers motets hallucinés, je vois ses intonations s’accorder à mon intonation. Ses éclats de rire se font entendre de toutes parts. Ils annoncent la-joie-de-vivre qui s’empare d‘elle et les plaisirs que lui donne ma présence.
- Jeux de miroirs en mouvement autour du Polyptyque de la Vanité et de la Rédemption de Hans Memling, une Petite philocalie de l’art par Catherine de Pomparat.

Les aboiements m’accompagnent, cela fait une présence à mes côtés, le fantôme familier remue la queue. Je n’ai jamais raconté cette histoire, j’étais gamine, j’avais peut-être dix ans, je ne sais plus, je savais que la mort existait comme je savais que la Chine était à l’autre bout de la planète, - feuilleton dominical d’Éric Pessan qui nous poursuit, nous hante avec ses dépouilles.

Une seule phrase (la première) lui suffit pour nous porter là où elle nous invite à l’accompagner.
La ville en question se nomme Sarajevo. Marie Frering y a vécu de 1994 à 1997.
Elle la connaît, elle l’arpente de long en large. Elle partage le quotidien de ses habitants, à l’ombre des montagnes, pendant la guerre, tandis que là-haut se terrent les “quérulents”,
- Le deuxième roman de Marie Frering


Œuvres Vives se définit comme un tour du monde à bord d’un voilier imaginaire sillonnant les océans du globe selon un axe nord-sud, reliant Dunkerque – La Réunion par les voies navigables du réseau Internet. Les 47 escales qui constituent ce programme de navigation sont déterminées d’après l’implantation géographique des 47 quartiers maritimes français installés le long du littoral.
- à découvrir le projet du plasticien, Vincent Leray qui virtuellement réunit 47 artistes et écrivains pour écrire les escales d’un voyage imaginaire.

© photo arpino@swiatly




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Fabienne Swiatly - 13 mars 2010