Bruno Fern | 6 enlèvements

Bruno Fern a publié des textes dans les revues Le Mâche-Laurier, Petite, Action poétique, Rehauts, N 4728, Boudoir, L’Animal .

On lira également ses textes en ligne :

ici, ici et .

Son ouvrage 111 points de contrôle a paru en 2007 aux éditions Voix.

Les éditions Ragage feront paraître cabine double à l’automne 2008.

Un ensemble intitulé cheval porteur a paru en mai 2008 aux éditions numériques publie.net.


À Caen, il participe, depuis 2001, à l’organisation des lectures publiques ici poésie.


  la ballade

  après les autres, être humain est une chose une pierre

  moins solide que l’appétit des piafs qui font place nette puisque tout est prévu grâce au système D – même rire est en option

(F.V.)

  l’ordre

  est bref et l’inscription qu’une bouffée

  de chaleur qui dévore soufflait-elle la chair ses

  seins sa sous le doublé coton de premier prix

  mais que la table ait des entailles, soit

(J.F.)

   (sèche)

  quand le monde tombe en figues il file

  en douce arrache quelques organes au passage

  semble s’apaiser vers le soir les vivants ressortent scrutent
_  l’extérieur et ses voies pénétrables autant que les mots
_  vitaux, touchés de loin

(F.P.)

_  que paille et que verre

  or ne voyant que les vocables
_  laissent des traces de croupes et de ciels analogues la profusion perdure aligne et tire
_  sur le gris ses toujours
_  nouvelles roulures à déferler sur la Prairie, en l’absence

(F. de M.)

  un bloc rouge et glacé

_  made in Poland où elles se suivent

  à peu près nues et devenues

  si fines qu’on ne les voit plus bientôt la nuit

  a remblayé à l’unisson les cris peuvent-ils encore
_  s’accorder à des décennies près

(C.B.)

  If You Could See Me Now

_  dès qu’on s’écarte pour pisser découvre, à sa hauteur, les veines bleutées de la faïence où les nuages passent aussi, habilement inversés, qu’on se tient sans tambour ni figure, droit
_  comme un i, dans la persistance

  posthume des cris des

  oiseaux qui se tiennent d’autant plus en dehors de l’histoire

(à P.Hruska)

***

Comment devenir

(en dix)

  toute une gloire engloutie par un soleil d’arrière-cuisine ou autre

  autant que la station debout sous 18 m de sédiments et un climat subtropical sans le moindre centre touristique à l’horizon à l’époque

  exige dans la levée du corps et du regard un minimum d’allant, de goût pour la défloration

  puisque la marche n’existe pas pour l’homme qui désespère, à condition qu’il désespère vraiment

  constituant donc la forme la moins perverse du narcissisme

  autrement dit la foi comme semelle usable jusqu’à la corde

  la meilleure façon c’est encore la nôtre qu’il lançait à la ronde, quoique nous n’ait plus cours depuis des lustres

  avançant même couché sous une couverture d’hôpital

  ou crève – en fait, à tout moment on peut arriver à en finir avec l’élan la chute est incluse dans le montant

  d’ailleurs ayant raté plus d’une fois l’homonyme, ce qui conduit à un juste retour des choses, à la rugueuse de service, loin de la sphère où les mots se croient sous cellophane sous vide en voici un à peine
_  déchiré au passage


(contient des traces de Jacques Réda, Philippe Sergeant, Pierre Reverdy et Jiri Sotola)

5 juillet 2008