le pur exprimé qui nous fait signe

Les mises en ligne de ces deux dernières semaines nous rappellent les enjeux de notre travail collectif sur remue.net : la littérature n’est-elle pas ce champ ouvert qui nous met en demeure de reconnaître dans l’événement non pas « ce qui arrive » de manière accidentelle, mais « dans ce qui arrive le pur exprimé qui nous fait signe et nous attend » (Gilles Deleuze, Logique du sens, Minuit, 2002, p.175) ? L’écriture est-elle autre chose qu’une forme ouverte de l’attente, cette forme à inventer, qui accueille ce qui vient et qui n’a pas encore de nom ? Il n’est pas ici question d’actualité à laquelle il s’agirait de donner sens ou devant laquelle il faudrait se résigner, mais d’une expérience du langage en jeu dans l’écriture, de son risque, de sa chance et de sa liberté.

Vous attendent donc les Fictions beyrouthines et autres citadines de Cathie Barreau et de Laurence Skivée, ainsi que « Pierre Senges, à propos et avec », avec Laurent Demanze et Guénaël Boutouillet, au Lieu Unique (Nantes) – littérature et savoir / travail d’écrire et don du récit. Pierre Senges dont on peut lire Montée des eaux (1).

Les photos de Sylvie Gasteau vous emmènent à Neauphle-le-Château devant les « rideaux de Marguerite ».

Jean-Marie Barnaud présente « Dominique Maurizi : la veille ardente du poème » et Philippe Rahmy un inédit, « La ville en soi » et son « manifeste du corbeau - au bas du cruel ».

Jacques Josse observe « la langue étonnante, à la fois parfaite et habitée » de Lionel-Édouard Martin, à l’œuvre dans son roman La Vieille au buisson de roses.

Catherine Pomparat voyage entre cartographie de l’intime et image pensée, en suivant Pierre Bequet et Johan Furåker dans « Une autre quatrième dimension ».

On écoutera : « Le vrai scandale c’est la mort, enregistrement de la rencontre du vendredi 11 mars 2011, au café Cerise, en collaboration avec la Scène du Balcon, entre José Morel Cinq-Mars et Philippe Forest, modérée par Éric Pessan.

On salue la naissance de la revue et des éditions Le Black Herald.

On annonce la rencontre des Éditions Argol le 1er avril 2011, une soirée proposée par remue.net et animée par Sébastien Rongier et Guénaël Boutouillet, avec la collaboration de la Scène du Balcon, réunissant Catherine Flohic, Pierre Bergounioux, Daniel Franco et Sereine Berlottier dont on rappelle la publication de Attente, partition.

On rappelle aussi Le Chercheur de traces d’Imre Kertész, un projet théâtral de Bernard Bloch, du 30 mars au 9 avril, au Théâtre Berthelot à Montreuil (93), ainsi que les rencontres libr-critique de la Bibliothèque Marguerite Audoux, qui débutent le 2 avril avec le Renouveau du roman.

On lira « Ma mémoire est au clou(d) » de Cécile Portier, variations sur le thème des archives, et « Mars » de Laurent Contamin.

Enfin, Guénaël Boutouillet nous présente L’armée noire, un groupe d’artistes organisant performances, interventions surprises, éditions, etc.

Guillermo Pisani met en scène de son atelier d’écriture La rumeur de Romainville.

Lecteurs, on vous laisse léviter avec W.G. Sebald :

« En raison notamment de cette charge énorme, il ne parvient pas toujours à décoller du sol, mais quand il se laisse porter, tel un adepte du vol à voile aspiré par les courants d’air chaud, de plus en plus haut, avec son fardeau, par les mouvements orbiculaires de sa prose, alors, même le lecteur d’aujourd’hui a le sentiment d’entrer en lévitation » (Les Anneaux de Saturne, Folio 3833, 2007, p.33).

Jean-Marie Barnaud et Philippe Rahmy



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28 mars 2011
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