La bohémienne et son sosie

La bohémienne était assise sur les escaliers de sa roulotte. Dans sa main droite, une boule de feu rouge étincelait. Elle posa celle-ci sur un foulard, puis la recouvrit délicatement. Ce fut comme si un œil se fermait sur l’instant présent. Une femme sans âge fit son apparition au bout du chemin et comme après une longue errance, s’assit près de la bohémienne et lui dit :
– Je suis ton sosie devineresse, mais autant tes prémonitions peuvent être réelles sur ta clientèle de mortels, autant moi, j’annonce les catastrophes à mes amis. Je n’ai nul besoin de chiromancie, de cartomancie, de tarot ou de cartes mélangées : pour moi, seul le sang parle.
La bohémienne leva les yeux, fixa son regard sur l’arrivante et lui répondit :
– Toi qui te dis mon sosie, sache que nul être d’où qu’il puisse sortir ne pourrait le devenir, car sous ce foulard brûle l’existence à la vie ou la non-existence. Il me suffirait de découvrir ma boule de feu pour que toi et tes congénères les plus proches soyez anéantis à jamais. Relève-toi et retourne d’où tu viens. Et surtout évite-moi car je ne suis pas ton sosie mais ta mort.



Joël, 6 février 2012.
© Tous droits réservés pour les textes.

1er avril 2012
T T+