Auteurs

Lieux

Hoqueta-t-il



J’utilise surtout la mystérieuse table des Auteurs Anonymes pour faire la sieste. En effet, c’est un rituel dont j’ai beaucoup de mal à me passer que de me laisser aller à la détente et aux rêves chaque jour après le déjeuner. La fraîcheur que je trouve au réveil est garante d’une après-midi efficace et détendue. Or au Jardin des Plantes, il est extrêmement difficile de trouver un endroit peut-être pas dédié, mais au moins propice au sommeil. On m’a montré sans enthousiasme un fauteuil style « relax » qui n’est utilisé que lorsque quelqu’un fait un malaise. La table des Auteurs Anonymes, rarement utilisée, et assez profonde, fait l’affaire pour dormir assis, ce qui n’est pas idéal, mais…
Et en m’endormant, je marmonne et mélange les découvertes récentes : acides aminés, à peine vingt dans toutes choses de l’univers, a / a, partout, à la base de toutes choses, a / a comme acides aminés comme auteurs anonymes partout dans l’univers.
Au réveil, j’apprends que le hoquet est encore un signe du lointain passé dans notre corps, peut-être pas une « structure vestigiale » comme celles déjà évoquées ici, mais un mécanisme archaïque : développé par les animaux amphibies pour trier entre leurs deux sources d’alimentation en oxygène – le clapet servait à empêcher l’eau de passer lorsqu’ils passaient en mode aérien. Deleuze a écrit des pages définitives sur la littérature et le bégaiement. Je suis maintenant persuadé qu’il faudrait aussi empoigner le hoquet comme technique d’écriture.

Jocelyn Bonnerave - 22 février 2011
Suivez-nous : RSS Twitter FB
Toutes les résidences en cours
Dossiers thématiques ->