Démarre !

Début janvier 2011,

Pas besoin de starter, ça part tout seul, 100% nuits d’écriture. Du temps, du temps, du temps. Du temps pour ralentir le temps. Du temps pour oublier que le temps se gagne, qu’il se compte, qu’il se gère, qu’il s’organise, alors que quoi ? Notre temps à chacun se réduit à la fin à un petit tiret qui sépare notre date de naissance à celle de notre mort. Beuh… Du temps ? Au petit tiret je préfère l’interrogatif.

Jeudi 20,

Soirée de présentation de la résidence et de l’atelier d’écriture à la Mie de Pain.
La Mie de Pain est une association qui décline en six lieux différents à Paris une aide aux personnes en difficultés, allant de l’urgence à la réinsertion. Ici, c’est le Foyer des Jeunes Travailleurs. Dirigé par Gilles, accompagné de Valérie et Christopher (entre autres), le foyer permet de loger et d’accompagner des jeunes de 18 à 25 ans en situation sociale ou personnelle délicate. Certains sont étudiants, d’autres en formation, d’autres en stage, d’autres en quête… Ils sont une centaine.

On pousse la table de ping-pong, on éteint la télé grand écran, on quitte le baby foot, on s’approche, on s’assoit en grignotant et on tend l’oreille. Je suis venue accompagnée de Christel Montaigne, comédienne, qui lit des extraits de « Burn baby burn » pour illustrer mon parcours, mon écriture et pourquoi je suis là : l’année que nous allons suivre ensemble. Belle écoute devant une vingtaine de résidents. Questions, échanges, oursons en chocolat ou cornichons, cidre ou coca. La soirée passe vite. On termine quelques uns sur la terrasse du foyer malgré le temps glacial à fumer une cigarette et à rigoler des vannes que les résidents s’envoient.

Plus tard dans le métro,

« Je n’ai pas su avoir conscience
de ce que j’ai vécu à ma naissance »

« Ton énergie que je palpe, comme un tronc ouvert, me parle sans cesse (d’amour, joie, paix intérieure, patience, bienveillance, bonté, foi, douceur, maîtrise de soi)
Ta souffrance je la sens comme un cœur en pleurs. »

Extraits de trois pages pliées que Junior m’a glissé à la fin de la soirée. En les lisant je remarque au dos d’une page, une petite phrase à l’encre bleue écrite en vitesse :

« Modifie un peu si tu veux. »

8 février 2011
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