Portraits croisés

C’est la dernière séance de l’année. L’exposition est accrochée, il nous reste un moment à passer ensemble. L’occasion de tenter une expérience : deux par deux, chacun fait le portrait de l’autre, l’un par le dessin, l’autre par l’écriture, en restant sur la ligne que nous nous sommes fixée jusque-là : essayer de regarder et de restituer, avec une réelle attention aux détails, ce que nous avons sous les yeux. Oublier que l’on fait le portrait d’un visage mais s’attarder sur les ombres, les lumières, les sensations — ce que l’on voit, ce que cela nous fait. Cela donne une autre image de la classe, et des portraits d’une tendresse parfois inattendue.


Une sphère pas si ronde que ça. Sur les côtés, elle semble écrasée, ce qui finit par lui donner une forme allongée. Au sommet, il est cabossé. Tout au centre de cette soi-disant sphère, un demi-cône, et sur ce demi-cône, on voit deux rétroviseurs encadrés et rassemblés par une chose noire inqualifiable. Sous ce cône, un ovale allongé divisé au milieu.
Un visage, des formes géométriques pour passeport social et identité.
Lorsqu’on dessine, on ne se dit pas que c’est un nez, une bouche… mais ce sont des lignes et des courbes, des ombres, ainsi j’ai tenté de décrire Josué.

Josué, par Marie-Julie


Cheveux marquants. Tête de bébé. Les yeux baissés, ce qui prouve qu’elle est à fond sur son travail. Timberland à fourrure, très classe. Elle a des traits innocents.
Marie-Julie, par Josué


Ses yeux sont concentrés sur son travail. De grands yeux maquillés d’un trait fin d’eye-liner. Sa bouche rouge pulpeuse fait ressortir son sourire. Ses cheveux sont légèrement relevés, laissant entrevoir de larges créoles ornant ses oreilles. Malgré ses allures de femme, son visage a gardé ses traits enfantins, dont de belles joues bien remplies.
Priscille, par Ahuva


Elle est ici en face de moi, faisant mon portrait. Vêtue d’un jean bleu et d’un haut marron recouvert de perles beiges. Elle a de petites mains, qu’on peut penser très délicates, une chevelure volumineuse qui va parfaitement avec son visage et son léger maquillage sur les yeux qui lui donne un air naturel.
Ahuva, par Priscille


En face de moi, j’observe un petit homme fringant avec un stylo dans la bouche. Il fait des grimaces et des gestes étranges.
Malick, par Dylan


Face à moi se trouve Dylan, jeune homme d’apparence ouvert, vif et sympathique. Il est brun, a les yeux bleus, une taille moyenne, les épaules larges, un corps bien proportionné, il porte un survet de sport, il rit, dessine, discute et s’amuse avec ses camarades, Shérazèd et Josué.
Dylan, par Malick


Sur cette chaise, elle est assise. La lumière du soir éclaire la partie droite de son visage, elle semble confuse. Son visage est confus. Je n’arrive pas à distinguer les traits de son visage. Il y a une chose qui me frappe, ce sont ses joues. Elles ont adopté la couleur que les joues adoptent lorsqu’il fait chaud. Ce n’est pourtant pas le cas. Ses cheveux tombent le long de son fin et doux visage. Je la fixe, avec insistance, son regard est baissé, il ne bouge pas, seuls les battements de ses cils montrent qu’elle est vivante.
Zoé, par Inès


Derrière ce rideau sombre et ce ciel éblouissant mais menaçant, apparaît une ombre. Cette ombre fait apparaître une silhouette. Une silhouette parsemée de zones claires, éclairées par le ciel éblouissant. Il y a quand même une chose qui ressort, ce sont ses lèvres, préalablement mouillées, elles brillent, elles scintillent. Le noir profond de ses cheveux longs et bouclés délimite parfaitement la forme de son visage, fin et petit. Mes regards descendent petit à petit mais, à part le noir de ses vêtements, rien ne m’interpelle. Une chose floue et colorée fait comme un flash quand on la voit : ses chaussures. Rose et violet, les couleurs du bonheur, contrastent parfaitement avec le noir de ses vêtements. Je ne sais ce que symbolise le noir.
Inès, par Zoé


Une couleur brune qui s’éclaircit au fil des longueurs pour aller vers une teinte chaude.
Des yeux d’un très beau bleu qui tourne vers le gris.
Un air sérieux et concentré qui analyse chaque détail, des mains fines qui dessinent, qui gomment, qui redessinent.
Des yeux ayant la forme de ceux des chats.
Un teint joliment rosé avec des pommettes saillantes.

Mariana, par Kahina


Des yeux noisette. Des lunettes aux bordures noires qui entourent les yeux. Un petit nez aquilin, et des lèvres roses. Des pommettes rosées toutes mignonnes. Des sourcils bien dessinés et des cils très longs. C’est ce que je vois quand je la regarde. Elle porte une chemise à carreaux dont les couleurs sont : orange, bleu et blanc. Ses cheveux châtains et lisses sont très longs, ils lui arrivent au ventre. J’aimerais tellement en avoir d’aussi longs. Elle a un visage ovale et sa peau est très blanche. Elle est très jolie.
Kahina, par Mariana


Il y a là une bouche, un nez, des yeux. Le tout surmonté d’une chevelure noir d’ébène aux reflets bleutés. Des yeux marron, scrutateurs, qui épient tous mes gestes. Ses mains ne cessent de partir et revenir sur sa feuille. Elle paraît très concentrée.
Shabnam, par Rachel


Devant moi je vois une jeune fille, avec des cheveux clairs et lisses aux reflets blonds. Des yeux observant très sereinement le moindre recoin de ma personne avec des lunettes. Des joues rosées. Une bouche qui sourit à chaque coup de crayon.
Devant moi je vois une adorable personne.

Rachel, par Shabnam



Textes et dessins de Shérazèd Boussif, Josué Comoé, Marie-Julie Paul, Priscille Fukiau, Ahuva Zendji, Malick Tanndjigora, Dylan Cabrol, Zoé Journée, Inès Cumunel, Mariana Vleju, Kahina Messaoudi, Shabnam Burahee et Rachel Buat.


3 juillet 2012
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