Les Lilas. Mardi 15 mars à 19 h. Bibliothèque André-Malraux.

chemin du Finistère

ATELIER ENTRE-VOIX
Avec Armel Veilhan
Bibliothèque André Malraux – Les Lilas. Métro Mairie des Lilas.
Mardi 15 mars à 19h. Entrée libre
Première lecture collective de la nouvelle pièce de théâtre d’Armel Veilhan : Les herbes hautes.

Résumé de la pièce : 
Elle est écrivaine. Il est pianiste. Ils ont tous les deux la quarantaine. Ils se sont connus autrefois. Dans l’enfance et l’adolescence. Et puis elle est partie en pension. Leurs chemins se sont éloignés. Séparés. Ils se retrouvent maintenant dans une maison au bord de la mer. Celle de l’enfance où son premier piano est resté intact. C’est le soir. Derrière la fenêtre, ils regardent les herbes hautes. Ils tentent de parler du passé, du présent, du monde. Il lui parle de son livre. Ils essaient de trouver les mots justes pour se raconter leur lien, ce qu’ils sont devenus l’un et l’autre, ce qu’ils sont encore l’un pour l’autre. Le langage se révèle équivoque. Parfois les mots éclairent. D’autres fois ils échouent. Impuissants. Elle devra repartir. Lui restera dans la maison. Il ne s’en absentera plus que pour se rendre à Vienne enregistrer les Nocturnes de Chopin. Désormais quelque chose le retient là. Dans les herbes hautes. Les pierres. La présence de la mer. Mais comment nommer cette chose ? Est-ce l’enfance partagée avec elle un jour, le temps du bonheur ? Est-ce la force de ce seul passé ? Ils s’écriront. Il essaiera de lui dire ce qu’il est en train de vivre. Elle lui écrira le début d’un nouveau voyage. Avec le printemps, infiniment humaine, la conscience de leur lien est revenue.

jardin en Île et Vilaine

Extrait de la pièce :
(...)
Il
Je ne sais pas. Je me souviens, tu le dis parfois « Je te connais bien ».

Elle
Oui je le dis. Pour me rassurer
me dire que je sais quelque chose de toi, de moi.

Il
De toi surtout, tu aimerais te le dire.

Elle
Tu veux dire ?

Il
Je veux dire que, oui, comme nous tous, tu aimerais te dire que tu te connais
que tu sais quelque chose de toi
comme nous aimerions nous le dire parfois
je me connais
je sais quelque chose de moi.

Elle
Je sais quelque chose de moi
oui, je me dis cela c’est vrai
quelque chose de moi qui serait moi un peu comme toi.

Il
Un peu comme moi ?

Elle
Oui je veux dire un peu comme toi tu aimes à te le dire
oui je connais cela, je connais cette chose en moi
comme nous aimons tous, nous le dire, non ?

Il
Je ne sais pas
de quelle connaissance nous parlons
c’est trop vaste, trop étendu.

Elle
Trop insaisissable aussi
ce moi avec cette chose en moi
qu’il me semble connaître
qu’il me semble avoir apprivoisé, domestiqué
qu’il a fallu connaître, regarder, définir.

Il
En quelque sorte oui
et notre vie n’y suffit pas
n’y suffira pas.

Les herbes ont poussé.

Elle
Dans la nuit elles paraissent plus hautes
plus foncées aussi
comme la mer.
(...)

8 mars 2016
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