Préliminaires


Seung Woo Back - Real World 1 :#03


Dans quelques jours, dans la grange de Passage d’encres, à Romainville, aura lieu la première prise de contact avec les participants de l’atelier d’écriture. Celui-ci s’articule autour du thème de la ville imaginaire, titre à vertu descriptive. L’aventure devrait nous conduire de la matière du vécu et des souvenirs à la matière écrite, puis, par une série d’alchimies, vers une forme théâtrale et une publication collective.

Godard a dit quelque part, je paraphrase et je déforme sûrement, que la réalité d’un film ne se trouve pas dans les pellicules qui dorment dans un entrepôt, mais dans la tête des gens qui l’ont vu. Chaque film est en vérité l’ensemble de souvenirs – fragmentaires, réélaborés, subjectifs – que les gens en gardent.

La ville, on compte sur son existence concrète. Sa matérialité est là dehors, chaque jour, pour la confirmer. Ou sinon, on peut vérifier sur Google Maps.

Mais, si on la postule infinie comme la réalité, on ne peut pas vérifier en permanence toute l’extension de la ville. Ni apercevoir d’un seul coup d’œil les innombrables couches d’existence qu’ont entassées les années. Combien de lieux qu’on croit exister encore n’existent en fait plus ? A leur place, un Quick, un Starbucks, un nouveau développement immobilier. Avec les lieux, de vieilles pratiques disparaissent, d’autres s’installent.

Une topographie concrète – changeante – coexiste avec une topographie imaginaire non moins réelle. Nous habitons cette coexistence, elle relativise la réalité de l’une et l’autre topographie, elle définit – c’est là notre postulat – un terrain propice à la fiction et au théâtre.


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29 septembre 2010
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