Harcèlement : quand la parole se libère

Harcèlement : quand la parole se libère
Moments magiques et émouvants, dans la classe de A. Quand un débat sur le harcèlement devient un espace de neutralité bienveillante, où tou.te.s peuvent se confier, témoigner. Le harcèlement, c’est être quotidiennement pointé du doigt parce qu’on a la mauvaise coupe de cheveux. A l’école. Mais aussi en famille. C’est avoir peur d’aller en cours parce qu’on bégaie. C’est protéger un petit frère ou une petite sœur, un cousin, une cousine, des racketteurs. Ce sont les railleries ordinaires, aussi. Sur une particularité physique. Sur un "petit décalage" qui vous rend transparent aux yeux des autres. Larmes, aussi, quand une prise de parole fait écho à des événements difficiles.

Harcèlement : changement d’époque, de perspective
Lycée pro. Terminales, en métallurgie.Une première rencontre compliquée. Sentiment de ne pas être la bonne interlocutrice. Une vague idée d’atelier, pour la rencontre suivante. Les a fait travailler sur 14-18, et leur a parlé des Gueules Cassées. Illumination soudaine. La dernière fois, je leur ai parlé du poids de la différence. De la peur du rejet, qui transforme parfois les victimes en bourreaux, d’ailleurs. Ou pousse à se taire, laisser faire. Bingo. Je leur propose de se mettre dans la peau d’un de ces rescapés au visage ravagé par la guerre : lettre ou extrait de journal, à eux de choisir. A ma grande joie, tous se sont prêtés au jeu. Ils peuvent être fiers, très fiers de ce qu’ils ont produit.




16 mars 2022
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